Marnix HoogendoornNewsletter — Numéro 1
- makbakpak
- Dec 11, 2025
- 4 min read
Marnix Hoogendoorn Newsletter — Numéro 1 |
"The After" 30 x 20 cm - Huile sur panneau - 2025 |
Voici ma première newsletter et ma toute première tentative de partager mon travail, mon processus et mes idées par e-mail. J’ai mes réflexions sur ce que nous choisissons, en tant qu’êtres humains, de communiquer et sur la manière dont nous le faisons. J’essaierai d’utiliser ces réflexions comme fil conducteur pour mes lettres. Cela signifie que je cherche à trouver du plaisir dans l’acte même d’écrire, ce qui n’arrive que si je fais l’effort de créer quelque chose qui en vaille la peine. J’essaierai aussi de trouver un équilibre entre les mots et les images.Et je n’enverrai pas cette newsletter trop souvent. Avant de continuer : vous pouvez vous désabonner à tout moment en bas de cet e-mail. |
Pourquoi cette Newsletter ? C’est simplement le résultat direct de mon exposition personnelle “Réveille-moi quand les nuages seront revenus”, présentée cet été à Paris. L’idée d’une newsletter m’avait déjà traversé l’esprit auparavant, mais le véritable déclencheur est venu lorsque des visiteurs de l’exposition m’ont demandé s’ils pouvaient s’y abonner et c’est ainsi que cela a commencé. J’aime quand les choses se passent de cette façon, sans précipitation, en agissant simplement quand le moment semble juste. Je n’ai jamais vraiment cru aux raccourcis ; on ne peut pas forcer sa propre croissance naturelle.
Un autre exemple lié à cette exposition fut ma décision de créer un petit livret pour présenter mon travail et mon processus. Là encore, c’était simplement le bon moment, juste avant mon exposition à Paris. Le grand avantage d’attendre ce bon moment, c’est que quelque chose que l’on n’aime pas d’habitude, dans mon cas l’autopromotion, devient beaucoup plus significatif (et supportable) lorsque les raisons sont les bonnes.
Le choix d'un livret a donné à cette autopromotion inévitable un sens plus juste. Il y a un monde entre les images rapides sur un écran et une “production” réfléchie sur plusieurs pages. |
Voici une image parfaitement banale pour l’illustrer. |
Après des mois de préparation pour cette exposition, j’étais heureux d’en vivre enfin l’expérience. J’en ai apprécié les effets tangibles, mais aussi ceux qu’on ne voit pas, et j’ai compris que donner et recevoir ne font qu’un. Tout cela est bien joli, et pourtant j’étais très heureux que tout prenne fin. J’ai donc démonté l’exposition, remis tout dans ce fourgon de location, traversé Paris et la campagne, et me suis retrouvé à nouveau dans notre petit village. J’ai essayé de trouver l’entrée de la maison à travers les mauvaises herbes du jardin, et j’ai finalement pénétré dans une maison calme, alors que ma femme et mes enfants étaient partis en vacances. L’atelier avait ses propres " mauvaises herbes ", avec toutes les cicatrices que j’y avais laissées deux semaines plus tôt, en partant précipitamment pour Paris et en le laissant dans le chaos. Oui, de retour à l’atelier mais il m’a encore fallu deux semaines avant de pouvoir retravailler. La marche entre la vie de famille et le désir artistique demande un équilibre subtil, à retrouver pas à pas. Et c’est à travers cette marche que je suis arrivé en Espagne, pour passer cinq jours seul sur la côte basque. J’ai passé mes journées avec ma boîte de pochade, à peindre dehors, mes soirées dans le coffre de la voiture, et mes nuits sous tente. |
Pour garder ce voyage aussi économique que possible, j’avais préparé des sacs de nourriture censés tenir au moins trois jours sans réfrigérateur. Ils ont tenu, mais seulement à condition de les avaler avec beaucoup de vin rouge, pour chasser le goût affreux de cette bouillie gluante.
De petits prix à payer pour cinq jours passés à faire ce qu’on aime.
La peinture en plein air est une façon si forte d’être présent : d’embrasser les nuages d’été au-dessus de l’océan, d’entendre la pluie approcher avant qu’elle ne tombe, de sentir les embruns sous un soleil d’août, et de finir par perdre toute notion du temps, absorbé par le moment.
Voici les petites peintures réalisées sur la côte basque espagnole, toutes de 10 × 12,5 cm, la plupart directement sur bois, certaines sur papier monté sur bois. |
Avec la fin de mon séjour pluvieux en Espagne est également venue la fin des vacances d’été. Et j’ai dû affronter la tâche difficile de reconstruire mes journées d’atelier. Ce “switch” est souvent difficile. Après des mois d’occupations extérieures, le travail d’exposition, les voyages, la vie de famille et la liberté de la peinture en plein air, il faut retrouver “l’occupation intérieure” des semaines passées seul à l’atelier. Pour moi, construire la journée signifie suivre une routine matinale stricte, au bout de laquelle je me retrouve devant le chevalet. Cela paraît simple, mais il y a beaucoup de prédateurs que je me suis fabriqués moi-même et qui cherchent à me déséquilibrer : le doute, la peur, le manque de courage et ainsi de suite, toutes des formes de résistance. Normalement, ce retour est difficile mais cette fois, j’ai été surpris de constater que j’arrivais assez facilement à reconstruire mes journées, à suivre ma routine sans grande résistance. Je pense que c’était une conséquence du soulagement que j’ai ressenti en revenant à l’atelier, après un temps record passé à l’extérieur.
Voici quelques-unes des peintures réalisées au cours des dernières semaines. |
Puisque ce texte semble suivre la logique d’une chronique, je terminerai avec un regard vers l’avenir proche. Une nouvelle exposition personnelle, cette fois aux Pays-Bas. Je ne sais pas si c’est vraiment une coïncidence, car la vie nous ramène parfois au point de départ en traçant un cercle. Quoi qu’il en soit, l’exposition aura lieu dans ma ville natale, Woerden, à la Galerie van Slagmaat, du 21 novembre 2025 au 17 janvier 2026.Le vernissage aura lieu le 22 novembre 2025 à 15 h 30. |
Je vais m’arrêter ici pour cette fois. Merci d’avoir lu, et pour l’intérêt que vous portez à mon travail. À bientôt, Marnix |

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